On croit tous à peu près savoir ce qu’est le harcèlement au travail.
Jusqu’au jour où… une situation réelle arrive.
Et là, magie : tout devient beaucoup plus flou.
Entre ce que les gens racontent, ce qu’on croit comprendre, ce que la loi demande et ce que l’organisation doit faire… il y a un fossé.
Alors, c’est parti, on remet tout à plat.
La loi parle de harcèlement psychologique quand ces 5 critères sont présents :
Ce n’est donc pas :
Ce peut être :
Mais même si les 5 critères ne sont pas là : vous avez le droit de demander de l’aide.
“Mais je blaguais !”
“Je voulais pas mal faire.”
“C’était juste pour rire…”
La loi ne regarde pas l’intention.
Elle regarde l’effet.
La vraie question est :« Une personne ordinaire, dans la même situation, considérerait ce comportement comme du harcèlement ? »
Donc oui : même une blague peut devenir un problème si elle blesse, humilie, isole ou dégrade le climat.
L’employeur doit :
Et au Québec, il doit avoir une politique claire, accessible et en vigueur.
Cette politique doit indiquer au minimum :
Pour connaître les autres éléments et aller plus loin sur votre politique de prévention, vous pouvez consulter le site de la CNESST
Et au-delà de l’obligation légale, protéger ses équipes, c’est aussi créer un climat où les gens peuvent travailler sereinement 😊
L’employeur doit intervenir dès qu’il est au courant d’une situation.
Et si vous ne savez pas vers qui vous tourner, prenez un moment pour relire la politique de prévention et de prise en charge du harcèlement psychologique : toutes les informations utiles devraient s’y trouver.
Si vous avez besoin de soutien, n’hésitez pas à contacter des organismes comme le GAIHST, Juripop, les CALACS ou Info-Social 811.
Ce sont des ressources pour la plupart gratuites, confidentielles et animées par des professionnels formés pour vous aider.
Vous disposez de deux ans à partir du dernier événement pour déposer une plainte.
La CNESST peut ensuite analyser la situation, enquêter au besoin et vous accompagner tout au long du processus.
(Note : cette information concerne le régime provincial. Le régime fédéral fonctionne différemment, j’y consacrerai un article à part.)
Elle doit :
Ça semble aller de soi… mais dans le quotidien, ce n’est pas toujours aussi simple.
C’est pour ça qu’un processus clair aide vraiment tout le monde à avancer de façon sécurisante.
Le conseil à retenir
Lorsqu’une plainte est déposée, il faut agir rapidement.
Parce que laisser une situation traîner, même quelques jours, crée souvent un effet boule de neige : rumeurs, tensions, incompréhensions… et un climat qui se détériore pour tout le monde. Une plainte touche toujours plusieurs personnes : celle qui la dépose, celles qui sont mises en cause, leurs collègues… et parfois leur entourage.
D’où l’importance de milieux de travail où les risques psychosociaux sont compris et gérés avant qu’ils ne dégénèrent.
(Parce qu’on ne traverse jamais ça seul.)